Michaël Joyeux

designer spécialisé dans le bois

« J’adore la matière, la transformer et voir un objet fini. » Michaël Joyeux est ébéniste de formation et, par amour des beaux meubles, designer essentiellement consacré à LA matière noble et vivante qu’est le bois.

Belge pur souche, Suisse d’adoption, Michaël a suivi une formation d’ébéniste en école. « J’ai commencé à travailler le bois avec mon arrière-grand-père », souligne-t-il en souriant.

 

En Belgique, l’école est obligatoire jusqu’à 18 ans avec, en son sein, diverses spécialisations.

Contrairement aux apprentis suisses, les ébénistes belges ne suivent pas les mêmes cours que les menuisiers : «Même si c’est effectivement un métier qui se perd, en Belgique nous sommes très influencés par Paris et notamment par l’école Boulle (ndlr : école reconnue dans le design et métiers d’arts). De plus, je réalise aujourd’hui que notre niveau technique est différent car nous apprenons à travailler toutes les méthodes ancestrales en utilisant tous les outils propres à notre spécialisation.»

Une diversité qu’il a pu constater avec les apprentis qu’il prend régulièrement sous son aile. Toutefois, entre les deux méthodes, l’une à l’école, l’autre en entreprise, Michaël Joyeux avoue qu’il n’y en a pas une meilleure que l’autre, il y a des « pour » et des « contre » des deux côtés.

 

Après sa formation, il se retrouve dans une entreprise de matériaux pour laquelle il devient rapidement responsable du stock du bois massif. Un an et demi de travail plus tard, lors d’une fin de la journée comme une autre, son patron lui demande de vite encore débiter du bois, un « vite » qui lui fait perdre plusieurs phalanges... «Ce sont des métiers qui ne pardonnent pas, il faut être bien réveillé et rester concentré jusqu’à la fin de la journée, je l’ai appris à mes dépends.»

 

Les mois d’arrêt accident qui suivent lui permettent de se poser les bonnes questions, il se rend compte qu’il a envie de retrouver son métier d’art. Entretemps, il se marie avec une jolie belge originaire de Suisse. Elle termine ses études, lui n’a pu exercer son métier dans l’agencement de cuisine – raisons économiques obligent – que huit mois, ils n’ont pas d’attaches particulières mais des envies d’ailleurs. «Nous sommes parti au Danemark dans l’idée d’étudier la théologie durant six mois, nous y sommes restés deux ans », explique-t-il. A la question «Pourquoi la théologie ?», il répond simplement qu’ils avaient tous les deux envie de voir autre chose et qu’il était surtout question d’enrichissement personnel : «Nous n’avions pas l’intention, ni l’un ni l’autre de travailler dans cette voie mais de milieu chrétien tous les deux, nous étions juste curieux d’en apprendre davantage, la vie a fait que c’était le bon moment d’en profiter.»

 

Il est temps de quitter le Danemark, le couple de se dit «Et si nous allions en Suisse, ce serait drôle.» Ils n’avaient plus d’appartement en Belgique, pas de travail en vue… hop ! départ. Ils atterrissent chez des amis de la famille qui habitent à Neuchâtel. Deux semaines plus tard, Michaël trouve un travail dans une menuiserie et un appartement. Trublion qui a toujours envie de rire mais véritable entrepreneur dans l’âme, Michaël enchaine les emplois comme menuisier, déménageur, poseur de cuisine jusqu’à fin 2006 où l’idée de devenir indépendant s’impose. Son employeur accepte qu’il occupe 30% de son temps comme indépendant, une situation qui dure à peine plus de 3 mois puisque début 2007, il se consacre déjà à son entreprise à 100%.

 

«La Suisse a une culture différente, il y a toujours du bon et du mauvais partout, mais là, nous avons une qualité de vie exceptionnelle. A Neuchâtel nous sommes à 5 minutes du lac, à 2 heures d’un magnifique massif montagneux, à 20 minutes d’un petit domaine skiable et surtout, 0 stress !», assure l’ébéniste avant d’ajouter en rigolant : «En Belgique c’est chacun pour soi, en Suisse les gens font attention aux autres. Pour l’anecdote, ici, lorsque nous entrons dans un magasin nous nous retournons pour tenir la porte aux éventuels clients qui suivent, en Belgique, vous vous prenez la porte 3x dans le nez !»

 

Trêve de suissitude, Michaël poursuit (enfin) son rêve : designer des meubles. En 2009 il a l’opportunité de montrer ce qu’il est capable de faire et depuis, même s’il conçoit également des cuisines et des meubles sur demande (la restauration n’est pas l’activité principale d’un ébéniste), il prend plaisir à innover et créer des lignes modernes et intemporelles tout en travaillant les techniques ancestrales. Sur Neuchâtel, les ébénistes formés aux subtilités de cet art se comptent sur les doigts d’une main. C’est un marché de niche mais qui, si l’on aime les belles choses, fait toute la différence ! Un rêve de création ? «Les rêves et les envies sont faits pour être réalisés, rien n’est impossible alors comme j’adore tester de nouvelles choses et continuer d’apprendre je vis chacun de mes rêves ! Enfin presque, si je devais avoir un idéal, ce serait de ne pouvoir faire que des pièces sur commandes, mais c’est plus un but qu’un idéal non ?»

 

Tout en subtilité, les créations de Michaël sont d’une réelle beauté jusque dans les moindres détails. Et DandI a le grand plaisir de vous présenter ses pièces uniques.

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